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Le monde du vin se féminise et tant mieux

Le monde du vin se féminise et tant mieux 

Il est bien loin le temps où les femmes n’avaient pas le droit de rentrer dans un chai, que les successions de propriétés se faisaient entre père et fils, que les dégustateurs étaient uniquement masculins, que le vin était élaboré par des œnologues, et enfin que les commerciaux « vins » devaient être obligatoirement des hommes. Bref toute la filière vin « portait le pantalon » à l’unisson de la gente masculine. La dernière conférence à la cité du vin présentant les femmes qui s’imposent dans le milieu viticole est venue réaffirmer la montée en puissance de la gente féminine. Les noms peuvent s’égrener désormais dans l’implication de ces femmes au sein de domaines prestigieux, Ludivine Griveau ( hospices de Beaune), Marie-Christine Mugneret ( Domaine à Vosne Romanée), Virginie Routis ( sommelière à la présidence de la République), Vitalie Taittinger ( Champagne), Saskaia de Rothschild (Lafite-Rothschild), Alexandra Mentzelopoulos ( Château Margaux) et la liste est loin d’être exhaustive. La dernière en date est Perinne Fenal qui assure la co-gérance du prestigieux et mythique domaine de La Romanée Conti. 


Ce qui caractérise ces femmes, c’est d’abord leur jeunesse en général, des parcours pas nécessairement axés sur le monde viticole, une vision du monde du vin orientée sur la société actuelle et ses profonds changements. Sans vouloir faire preuve d’excès de féminisme, il ne demeure pas moins que ces femmes vont apporter du « sang neuf » au milieu viticole, tant à la production, la commercialisation ou le management des propriétés viticoles. Par leur coté peut-être moins académique que les hommes, elles vont participer à la vague de disruption que connaît notre société. Elles contribueront sans doute à rendre « plus cool » le vin français en le sortant des sentiers battus et conventionnels. Leurs regards sur le vin peuvent apporter de nouvelles façons de communiquer, de parler du vin et de l’élaborer  tout en maintenant l’ADN des vins français. Ne voyons pas leur arrivée comme une façon de « woman washing » ( un verdissage féminin du marketing) comme on peut le faire avec le « green washing » mais comme une réalité durable dans le paysage viticole. Il sera intéressant de suivre l’évolution professionnelle de ces femmes et de tant d’autres qui œuvrent dans les métiers du vin. Mais déjà l’idée que les femmes peuvent prendre la tête de domaines est assez réjouissante. On ne dira plus : « bonjour madame l’hôtesse d’accueil de la propriété mais Madame la propriétaire ». 

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